Avec Limbo, Soi Cheang revient avec un polar hard-boiled violent et nihiliste où il est autant question de mains découpées à la pelle que d’enquêteurs (Gordon Lam, Mason Lee) sans solution et plongés dans les bas-fonds de Hong-Kong.
Après la crise économique asiatique de 1997 et la rétrocession de Hong-Kong actée la même année, le cinéma hongkongais tend à disparaître au profit de la Chine continentale. Les cinéastes se voient soumis à de nouvelles conditions de production, la censure et une visibilité planétaire amoindrie. Heureusement, des réalisateurs parviennent encore à jouer avec ces nouveaux codes. Limbode Soi Cheang est sans aucun doute l’exemple le plus frappant qui nous est donné à voir récemment. On vous donne 5 bonnes raisons de voir cette coproduction sino-hongkongaise qui sortira le 12 juillet en France.Dans les bas-fonds de Hong-Kong, un flic vétéran et son jeune supérieur doivent faire équipe pour arrêter un tueur qui s’attaque aux femmes, laissant leur main coupée pour seule signature. Quand toutes leurs pistes s’essoufflent, ils décident d’utiliser une jeune délinquante comme appât.
1. Des références XXL
Si David Fincher a donné comme instruction à son chef-opérateur, Darius Khondji, de penser Seven comme un film « couleurs en noir et blanc » avec un effet « sale, pourri et réel », le programme esthétique mis en place par Siu-Keung Cheng s’en approche clairement.Si vous aimez Seven, il y a fort à parier que Limbo et ses pluies diluviennes sauront vous séduire. On retrouve d’autres références cette fois-ci d’ordre narratif avec l’inévitable Memories of Murder (Bong Joon-ho), le thriller haletant J’ai rencontré le Diable (Kim Jee-woon) et l’œuvre hallucinée d’Alexeï Guerman : Hard to be a god.2. Une ambiance complètement folle
Des maisons abandonnées aux rues étroites jonchées de déchets, les rues hongkongaises semblent en proie à l’anarchie depuis une éternité. Filmées comme un tas d’ordures laissé à l’état de décomposition ultime, le cinéaste s’interdit les lignes de fuite et renonce à la perspective pour laisser le spectateur face à des plans condamnés par des immondices et des cadavres bringuebalants.3. Un antagoniste qui n’a rien à envier à Leatherface
Loin de là l’idée de déterminer l’arme qui serait la plus cinématographique entre une tronçonneuse et la pelle du serial killer mais forcé de constater que les deux sont terriblement efficaces. Exposé en contre-plongée comme un véritable golgoth, ce tueur est volontairement désincarné pour personnifier tout le nihilisme de l’œuvre.














